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Quand naît Samuel Hahnemann, la médecine n’a pas évolué depuis 23 siècles. Alors que la physique, la chimie, l’astrono­mie ont progressé de manière spectaculaire en s’appuyant sur l’observation, la méthode, l’expérimentation et en prônant rigueur, précision et objectivité, la médecine s’en tient toujours à l’antique théorie des humeurs et au dogme qui veut qu’un corps malade est un vase rempli d’impuretés qu’il s’agit d’é­vacuer de manière énergique.

 

De fait, saignées, clystères, ventouses, diaphoniques, vomi­tifs, diurétiques, laxatifs constituent l’essentiel de l’arsenal thérapeutique de même que la pensée médicale demeure purement spéculative et se résume à un « théâtre de conjec­tures baroques » sur l’origine des maladies.

Aussi, les savants créent-ils des « systèmes » où, à l’instar des botanistes, ils classent les maladies en « espèces » contre les­quelles ils décrètent des « remèdes spécifiques ».

   Tandis que les pharmaciens, convaincus qu’un médicament sera d’autant plus effi­cace qu’il contient de drogues puissantes, concoctent avec la plus grande     créativité de com­plexes et dangereuses mixtures.

Ainsi, quand un patient est suffisamment riche pour faire appel à un médecin, il se voit asséner un interminable discours en latin sur l’essence de ses souffrances, appliquer systémati­quement un quelconque «procédé évacuant», prescrire une interminable liste de potions, onguents, poudres et emplâtres aux compositions les plus farfelues les unes que les autres, puis réclamer de considérables honoraires que l’habileté rhé­torique du médecin, sa renommée et la longueur de son ordonnance suffisent à légitimer.

 

Enfin, si le malheureux patient a résisté à la violence des sai­gnées et des lavements, rituels thérapeutiques inhérents à toute consultation, et surtout, s’il lui reste quelque argent, il fera les frais de l’ignorance et de la cupidité des apothicaires qui, non contents de préparer la thériaque assassine prescrite par les médecins, l’enrichiront de quantités de substances coûteuses, tout aussi fantaisistes que nuisibles, dans l’unique dessein d’augmenter le prix des médicaments !

 

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