Il s’agira, dans cet article, de plaider pour une véritable ethnobotanique. Nous reviendrons en premier lieu sur la notion de "savoirs traditionnels" afin de tenter de définir précisément ce que l’on désigne sous ces termes à la Réunion. Bien avant moi [1,2], Jean Benoist [3,4] a dit que ces « savoirs traditionnels » constituent un système de médecine à part entière, qu’ils ne se résument pas à la phytothérapie. Cependant, cette dernière a été, de manière quelque peu réductrice, le plus souvent présentée comme LA médecine réunionnaise, alors qu’il existe également des remèdes employant des composés organiques non végétaux ou minéraux, des techniques du corps, un lien important entre thérapies et religions. Se pose alors la question du "traditionnel", de ce qui l’est et de ce qui ne l’est pas et s’il est important de s’interroger sur l’utilisation faite du terme de tisaneur1, terme généralement employé par les chercheurs (et qui a été repris par les collecteurs/préparateurs de remèdes) pour désigner, de manière générale, non seulement un individu susceptible de concocter des remèdes à base de végétaux mais aussi les vendeurs de tisanes présents sur le marché. Le terme de tradipraticien, fréquemment employé comme synonyme de tisaneur pose lui aussi, problème. Nous envisagerons ensuite quelques transformations en cours dans la médecine traditionnelle réunionnaise : processus et effets consécutifs des apports exogènes, risques associés à un « créneau commercial » en plein développement, avant de poser, finalement, la question de la persistance, ou pas, de « savoirs traditionnels » liés aux plantes à la Réunion.

Abonnez-vous pour consulter ou télécharger l'article au format PDF

Identifiez-vous pour consulter les articles

Attention, pour créer un compte, accéder à l'ensemble des archives et intervenir dans le forum, vous devez vous abonner à la revue. Si vous êtes abonné, identifiez vous ou créez un compte.